Le Château de Chaumot

(article reproduit à partir de la page wikipédia du Château de Chaumot

Image illustrative de l'article Château de Chaumot

Grille et pont du château de Chaumot déplacés à Pennery en 1809



Description

 

C’était un château considérable, possédant plusieurs grandes pièces d’eau avec sources, plusieurs communs, deux moulins, un grand lavoir, le canal de Chaumot, trois avenues bordées d’ormes, de grands vignobles dont deux caves, beaucoup de jardins, et un très grand parc qui existe encore. Chaumot se nommait Chaumoth et plus anciennement Calmottum : calm de kal et de calmis signifiant roche ou hauteur dénudée, ce qui s'accorde bien avec l'apparence du site. Les correspondances germanophone et italophone du prince François-Xavier de Saxe et son épouse la comtesse Claire Spinucci indiquent fréquemment "Chaumôtte", indiquant ainsi la manière orale de prononcer Chaumot sous l'Ancien Régime.

 

Histoire

 

 

Pavillon nord du château de Chaumot en 1830

Il existait aussi à Chaumot un château voisin (manoir) et ses forges au hameau des Préaux(lt) qui faisait partie du fief du château de Chaumot, il s’est écroulé à la fin du xiiie siècle, dont on en voyait encore les fondements au xviiie siècle. Il n’en reste que les bois du Marteau et le château de Mardelin, reconverti en ferme. Le Moulin Neuf et le Moulin Vieux, toujours existants, faisait aussi partie de ce fief des Préaux. De 1771 à 1791, le duc de Mortemart louait la seigneurie au prince François-Xavier de Saxe.

François-Xavier de Saxe et sa propriété du château de Chaumot (Yonne), 1772


Le château principal de Chaumot a été édifié au xe siècle dans le creux du vallon entre le récent hameau Les Vinées et les bois du Parc. Louis IX y séjourna avec son armée, avant de partir en Croisades, puis Jeanne d'Arc avant de se rendre à Sens. Reconstruit par André de l’Abbaye, il est racheté des Le Boultz par Paul Delpech, receveur général des finances d’Auvergne1, à Riom, fils de Pierre Delpech (1642-1712), marquis de Méréville. Dans la première décennie du xviiie siècle jusqu’en 1714, il le reconstruit en un château « à la moderne », agrémenté de nombreux bassins grâce à une machine hydraulique, de jardins, de communs, etc.

Réservoir inférieur du château de Chaumot en 1900


En 1736, le moulin du château est détruit est remplacé par un lavoir, mais l’actuel lavoir ne date que du xixe siècle. À sa mort, en décembre 17512, la situation financière de sa succession est si mauvaise que ses trois filles sont obligées de vendre une partie de leurs biens dont le château. Il sera inhumé dans l’église Saint-Louis de Chaumot.

Le 22 octobre 1771 le prince François-Xavier de Saxe acheta de Marie-Madeleine Delpech de nombreuses seigneuries champenoises dont Villeneuve-le-Roi, le château de Chaumot, le château de Mardelin, le petit château Frileux, diverses maisons, auberges, étangs, bois et terres. Selon les travaux de Mathieu Couty et de Patricia Colfort, la population de Chaumot était à 25% germanophone au dès 1771 suivant l'installation au château de la cour de Saxe. C'est au château de Chaumot qu'il logea son épouse et sa cour composée de "120 personnes et 60 chevaux", et où il fit entreprendre des travaux de rénovation par les architectes Bouclier et Jacques-Guillaume Legrand, la construction d'une aile, d'un petit théâtre et d'un monument d'ornement du parc aux initiales du prince de Saxe, et la collection de milliers de manuscrits dont l'abbé jésuite Augustin de Barruel, futur précepteur de jeunes princes de Saxe à Chaumot, fit l'inventaire dès juillet 1774 (aujourd’hui conservés à la Bibliothèque Mazarine)3. Les princesses Béatrix et Kunegunde de Saxe y naquirent et y furent baptisée dans la chapelle Marie-Madeleine du château, dont le tableau du retable fut offert par Xavier à l'église Notre-Dame de l'assomption de Villeneuve-le-Roi. Le médecin chirurgien Seyffert, médecin au château de Versailles et futur médecin personnel de Xavier de Saxe au château de Chaumot, sauve la princesse de Lamballe d'une grave maladie, se gagnant ainsi la protection de Marie-Antoinette d'Autriche et une très grande réputation ; on viendra même de Paris à Villeneuve-le-Roi pour se faire guérir par lui. Xavier était alors ami avec le futur député de Villeneuve-le-RoiMenu de Chomorceau. Le prince de Saxe possédait également deux hôtels particuliers parisiens dont l'un, l'hôtel de Saxe, voisin de l'actuel Palais de l'Elysée, a été rasé le 9 juillet 1851 pour percer la rue de l'Elysée.

Le château « retiré » des mains du prince en 1792, et décrété bien national, sera incendié par les habitants, les vases d’ornements, portes, soupapes des bassins et barrières détruites, victime de plusieurs vols dont plusieurs milliers de livres de plombs, ferrailles ; le colombier et la machine hydraulique sont détruits. Il sera question de le rénover en manufacture, fabrique, ou lieu d’instruction publique, mais le château ne résiste pas aux intempéries, et se dégrade de jour en jour.

À la fin de la Terreur, la demeure est pillée, puis mise en vente par les filles du prince de Saxe en 1809. Le château sera démoli la même année et vendu en « pièces détachées » par la suite.

Casimir Perier achète le domaine en 1818, puis Louis Jacques Thénard en 1830 qui en déplace les deux tourelles toujours intactes parmi les ruines et les rattache à sa ferme à Chaumot, il n’en reste actuellement plus qu’une seule. Selon l’historien Victor Petit : « On vendit à vil prix, et avec des assignats seulement des terrains d’une étendue immense, qui divisés depuis à l’infini font la fortune d’un grand nombre de familles ».

 Ferme du manoir Thénard à Chaumot et les tourelles déplacées du château, 1900



Ce qu'il en reste

 

De ce château, il ne reste actuellement que des restes passifs : quelques communs et une annexe : la Jardinnerie et la Serrurerie et le Mardelin, des aqueducs souterrains, des caves, ses trois sources, son réservoir inférieur, ses fossés, est bien sûr ses bois du parc... « Les jardins sont aujourd’hui des champs de blé, et le château lui-même est un monceau de décombres mille fois plus pénible à voir que les débris d’un monument ancien que le temps seul aurait ruiné » Victor Petit.

Le château lui-même, haut tertre de terre entouré de toute parts de profonds fossés abrite encore ses caves qui soutienne encore l’ancien socle du château, « légendaires souterrains où plus d’un habitant s’est aventuré dans sa jeunesse » ; jugées trop dangereuses, les entrées de ses caves, dont l’une était voûtée d’ogive peinte en bleu, ont été bouchées dans les années 1990 pour que les vaches n’y tombent pas.

D’autres éléments du château ont été vendus ou déportés et existent encore dont deux tourelles, une seule aujourd’hui à la ferme Thenard à Chaumot ; le tableau de la Madeleine de Cazes à l’église de Villeneuve-sur-Yonne ; les cheminées de marbre du château de Pont sur Seine ; la grande grille et autres éléments du château de Pennery, à Saint-Hilaire-les-Andrésis ; ainsi que les boiseries du château qui se trouvent aujourd’hui dans une maison notariale de Villeneuve-sur-Yonne.

Un tunnel souterrain médiéval, dont l'existence a récemment été prouvée par plusieurs anciens du village, prend alors son point de départ (bouché) au douves du château, puis passe légèrement sous toute la longueur du hameau des marnes, puis sous l'ancienne avenue du château allant du château principal à celui de Mardelin où le point d'arrivée n'est pas bouché, mais bien gardé. Le tunnel est long de deux mille cent soixante-dix mètres.